06.09.2010
Visite des centres nutritionnels en 2010
Bonjour à tous et toutes .
Ma mission d'information et d'appui a commencé le 24 mars2010, par une visite aux 3 centres nutritionnels OICN de Lima.
Tout au long de ces mois à venir, j'ai l'intention d'envoyer mes comptes rendus et photos à vous tous, sans faire la distinction entre ceux d'entre vous qui appuient les centres colombiens, péruviens et honduriens.
Pour deux raisons. D' une part, ces trois pays d'Amérique latine souffrent des mêmes maux, affrontent les mêmes problèmes.
D' autre part, pour moi l' OICN est une grande famille composée de personnes désireuses d'appuyer l'action modeste mais efficace conduite dans les différents centres nutritionnels, en faveur de gamins que probablement jamais elles ne rencontreront. C'est ce qui fait la valeur de ce que nous accomplissons tous ensemble.
Il me parait souhaitable que vous sachiez ce que font les autres membres de l' OICN, ailleurs en Amérique latine. (Enfin, troisième raison, j'ai renoncé à retenir qui finance quoi dans notre belle organisation).
Mon ambition est de vous décrire, par des mots, par des photos, la réalité quotidienne dans chacun des centres nutritionnels, et donc la réalité quotidienne vécue par les classes les plus pauvres de ces trois pays concernés.
Il va sans dire que je vous ferai grâce de certains détails, comme mes frais de mission, par exemple, que je réserverai à notre excellent trésorier, comme certains éléments délicats qui pourraient éventuellement apparaître en cours de mission, que je réserverais aux responsables de l' OICN.
11:19 Publié dans humanitaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04.09.2010
lima-pérou-Repas d'adieu
Bon ben c'est fini. Aujourd'hui fut la dernière visite aux centres. Depuis hier, je savais qu'il y aurait un repas d'adieu au "señor Daniel".
Hier soir, je me suis rendu dans un autre quartier de Lima. Quelque chose comme deux heures pour faire 20 kilomètres. Lima se dote d'un train électrique en plus de lignes d'autobus à voie privilégiée. Ça se construit et le chaos est total. Il faut sans cesse prendre des déviations, le trafic est infernal, les bouchons monstrueux.
Bref, je suis arrivé finalement dans l'appartement de Frédéric et Roxana Pradal. Frédéric est le fils de Jean. Il a un second enfant, un fils, Gael, depuis un mois et demi. Très gentil couple franco-péruvien. Même la belle mère de Frédéric est un ange ! Elle est passée en voisine. Nous avons passé une soirée sympathique et j'ai dormi là. Ce matin, juste le temps de boire un café et prendre des photos de la famille et je suis reparti.
En route, j'ai acheté de la pâtisserie à toute vitesse. Le dernier cadeau de l'OICN aux responsables des centres.
Hier soir, Diana en effet m'avait demandé d'être à 10 heures à la maison parce que nous partirions vers les centres à 10 heures 30 tapantes. Elle avait été invitée à participer à la cérémonie de remise du matériel scolaire offert par l' o.n.g. "Plan International" et entassé dans l'une des salles de "Micaela Bastidas". Devinez quoi. A 10 heures 30, la reine Diana était absente, mais sa troupe fidèle attendait. Il y avait là Juan le chauffeur, Rocio la secrétaire, Rosita la comptable et Chana le bras droit. On a décollé vers 11 heures 30. A ma surprise, on a fait une halte prolongée au marché Huamantanga, pour acheter des fruits et des légumes ! Finalement, quand nous avons rejoint MB, vers les 13 heures 30, nous avons appris que la cérémonie de remise était repoussée à une semaine et qu'on s'était contenté de dresser la liste du matériel entreposé !!! Le Pérou. Diana avait donc eu raison de prendre son temps. Je la soupçonne aussi d'avoir tout fait pour éviter de prendre part à cette cérémonie, laquelle ne lui plairait pas pour une raison que j'ignore.
Sont arrivés à MB toutes les responsables des centres, avec des enfants à elles. Nous étions 22 adultes et 9 enfants. Ces dames ont préparé le repas dans une ambiance joyeuse (Diana avait amené avec elles les salaires d'août) : des brochettes avec des pommes de terre, des sortes de beignets au sirop d'érable, sans compter la pâtisserie que j'offrais au nom de l' OICN. Nous avons mangé dans l'une des classes du centre. Le soleil brillait de tous ses feux. Diana et moi y sommes allés de nos speeches (moi pour insister sur l'importance de la communication entre le Pérou et la France, entre AGM et l' OICN (ça s'adressait en fait à Diana), pour dire que je rendrai compte de ma mission à mon retour en France aux associations qui le désireraient, pour dépeindre une fois de plus l' OICN, faite de gens qui ne sont pas des millionnaires mais s'appliquent à faire en sorte que cette oeuvre continue, pour inciter les responsables à redoubler d'efforts afin de faire des centres des lieux de qualité, etc...)
Ces gentilles filles avaient, il faut le préciser, organiser toute l'affaire elles-mêmes, sans que Diana y mette le nez. M'a-t-elle juré. Je veux bien le croire parce qu'elle est absolument débordée par toutes sortes d'activités, professionnelles et privées, en ce moment. Les filles avaient établi le menu, acheté les aliments et le cadeau au "señor Daniel", un réellement splendide chandail en alpaga, aux couleurs automnales, mon 3 ème offert par les responsables des centres en 10 ans !
Après les photos souvenirs dans la cour, au soleil, j'ai serré sur mon coeur chacune d'entre elles et nous sommes repartis vers Lima. Je ne vous cacherai pas que j'avais le moral dans les chaussettes.
FIN
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02.09.2010
Ultime visite des centres
Ultime visite aux centres ce matin. Voyage en autobus. Contrairement à hier, le climat s'est montre aimable et doux aujourd'hui. Hier, la purée de poix n'a pas quitté le ciel.
76 enfants à "Micaela Bastidas", 55 à "Hijos de Luya" et 27 à "La Libertad"
Dans ce dernier centre, l'odeur de chiottes persiste et la salle du premier étage est toujours fermée. Manque toujours une profesora également. Il faut dire que Diana a la tête ailleurs et encore plus depuis ce matin. Sa petite fille Gabriela, fille de Abel et Gisela, naîtra par césarienne ce lundi 6 septembre.
09:49 Publié dans humanitaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
31.08.2010
Diana
Histoire habituelle. Hier soir, Diana m'a dit qu'elle allait faire les achats d'aliments pour les 3 centres au beau marché de Huamantanga. J'étais debout à 6 heures, selon mon habitude et on a quitté la maison sur le coup de 11 heures, Diana, Rocio, Juan et moi.
Huamantanga permet à Diana d'acheter tout ce qui se mange dans les centres à des prix défiant toute concurrence. Elle calcule que les mêmes produits de la terre (pommes de terre, 20 euros pour cent kilos, fruits divers, légumes, maïs, etc...) coûtent entre 50 et 60 pour cent plus cher dans les supermarchés liméniens. A ce moment où euro et dollar sont très mal cotés a Lima, ça lui sauve la mise, àa équilibre son budget.
Nous avons ensuite fait le tour des 3 centres pour déposer les aliments.
Diana a bien sûr profité de son passage sur le marche Huamantanga pour acheter ce qui se consomme dans la maison. Cette transition pour aborder un sujet qui me tient à coeur mais que je vais toucher avec des pincettes.
Diana sait recevoir. Elle a une générosité hors normes qui trompe. Son côté "grand seigneur" donne parfois le sentiment qu'elle roule sur l'or. Catherine, cette jeune éducatrice parisienne qui vient de repartir en France, a été toute surprise d'apprendre, par moi, que Diana n'est pas propriétaire de la maison où elle vit ! Catherine avait des raisons d'être surprise parce que la camionnette de AGM l'emmenait à telle ou telle ambassade à l'heure où elle le souhaitait (afin de contacter les services de coopération, dans le but, louable au demeurant, de revenir travailler dans l'humanitaire au Pérou), entr' autres services que Diana lui rendait à peine les exprimait-elle. J'ai aussi expliqué à la visiteuse de France que la règle non dite, "chez Diana", est que le repas de midi soit offert par la maîtresse de maison aux invités, mais que les résidents se chargent du goûter-souper, qu'il est aussi convenable de donner un pourboire à la cuisinière Clarita à la fin du séjour, etc ... J'ignore absolument si Catherine a suivi ces conseils en repartant et ça ne me regarde pas. Elle est de toute façon demeurée peu de temps dans le nid de Diana.
En 2009, j'ai vu par contre des jeunes "pique-assiettes" souvent compatriotes se prélasser sans vergogne dans cet "hôtel" de rêve en faisant tout juste une petite visite aux centres dans la camionnette. Ils étaient recommandés par des gens membres ou proches des deux o.n.g. soutenant Diana. Je conseillerai donc à ceux qui envoient unetelle ou untel à Diana de prendre la peine de décrire les difficultés économiques de cette dernière et d'expliquer les "règles du jeu". Et de se demander si ça vaut la peine d'envoyer unetelle ou untel.
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27.08.2010
dernières visites des cn de lima
Je me suis aéré pendant une semaine en allant à vélo visiter une ville située à plus de 4000 et déclarée "ville la plus haute du monde". Les paysages sont de toute beauté par là. Cette ville minière s'appelle Cerro de Pasco et se situe à 300 kilomètres de Lima. Ce sera ma dernière incursion, mon ultime "raid" sur deux roues avant mon retour à Paris, le 8 septembre. Si Dios quiere, bien sûr.
Pendant que je revenais à Lima en autobus, ce mercredi après midi, Claudia, la petite fille sourde de Diana, a été renversée par un chauffard. Histoire classique. Le type au volant de la camionnette remontait la rue en sens inverse et Claudia ne l'a pas entendu arriver. Le même type aurait corrompu les flics qui se sont mis de son côté. Par chance pour Claudia, qui est quand même demeuré 10 à 15 minutes sur le sol, des voisins de ses parents l'ont reconnue et aidée, avisant Olga sa mère, et des témoins spontanés, un chauffeur de taxi et une avocate, se sont très bien comportés en bloquant la camionnette qui fuyait, en prenant une photo du véhicule, etc ... Des fractures en série pour Claudia, mais plus de peur que de mal. Toute la famille est sur le pont, sous la direction de Diana. Moi j'y suis allé de quelques crêpes pour montrer mon appui moral.
Tant qu'on est dans les mauvaises nouvelles, voici maintenant quelques jours, Chana revenait en autobus de Cuzco avec sa famille, après avoir reçu l'autorisation par Diana de s'octroyer une semaine de vacances de plus, quand le véhicule a pris un virage serré alors qu'elle sortait des wc. Elle a effectué un vol plané et s'est blessée. Semble t'il elle n'aurait toujours pas repris ses activitées.
Nouvelles de Colombie :
Deux e mails de Glery Parra et de sa collaboratrice Fanny m'ont appris que le "jardin modèle" situé à peu de distance des à centres nutritionnels, dans le quartier de Juan Rey, Bogota, celui appartenant à ce jeune type prénommé Heiler et que j'avais visité avec Fanny, he bien il est fermé. L'endroit accueillait plusieurs dizaines de gosses chaque jour et ses locaux spacieux étaient effectivement très bien. Heiler avait signe un accord avec la terrible Integracion Social, dont dépend le Bienestar Social, et les salaires des collaboratrices étaient payés par l' Etat. Récemment, les fonds ne sont plus arrivés et Heiler a dû quitter le lieu. L' Etat se serait emparé du jardin.
C'était très exactement ce qu'avait prédit Glery et c'est la raison pour laquelle elle refuse toute espèce d'accord avec l' Etat. Dans son message, elle rappelle que la psychologue Gloria, celle-la même qui "collabore" avec elle (par obligation de la loi) et qu'elle soupçonne de vouloir s'emparer des deux centres animés par Jenny et sa soeur Nubia, à Juan Rey, cette même Gloria, qui vantait devant moi les avantages à passer un accord de fonctionnement avec l' Etat, était la "coordinatrice" du "jardin modèle" du malheureux Heiler.
Glery et Fanny m'affirment également qu'elles seraient sur le point de prendre contact avec un groupe de mères de famille de Juan Rey qui exploitent une de ces "machines à soja" dont je parlais voici peu. Elles ont bien compris elles aussi l'intérêt qu'il y aurait à recevoir un supplément nutritionnel gratuit en soja.
De son côté, Martha Trujillo, qui gère elle les 3 autres centres nutritionnels bogoteins, m'a écrit voici quelques jours qu'à son avis, à l'époque où la "casita" de La Capilla, Soacha, était entre les mains de cette association de dames patronnesses, on avait tenté d'implanter une de ces "machines" dans ce quartier, sans succès. Martha va prendre quand même contact avec le projet P.N.B.S.
Comme Glery le pressentait aussi, le terrible Bienestar Social a cessé, semble-t' il, de torturer Maritza, fille de Glery et directrice en titre des deux centres de JR. Les contrôles des fonctionnaires auraient cessé.
Enfin, l'achat de ce petit baraquement dont je parlais en mai (à vos archives), pour installer dans leurs murs les Divinas, un groupe de jeunes filles pauvres de JR, a échoué, suite au refus de l'administration "de l'aqueduc" de le vendre. Dixit Fanny, les Divinas chercheraient une autre solution.
Les transformations matérielles des 3 "salons" de JR (la cuisine, les sanitaires, etc ...) exigées par le Bienestar Social seraient menées bon train, dixit Glery.
Retour au Pérou. Ce matin, départ tôt et un autobus m'a emmené jusqu'aux 3 centres OICN. La brume était épaisse et grise et Lima présentait sa face maussade.
Dans l'ordre, comme d'habitude, "Micaela Bastidas". 81 enfants ce matin. Les gosses reviennent en nombre dans les 3 centres. Pilar préparait le repas de midi, des haricots avec de la viande porc, et j'avoue que j'ai été tenté de changer mes habitudes et déjeuner là plutôt qu'à "La Libertad". Depuis que je fréquente ce centre, il y a le "fidèle gardien", un beau chien qui surveille vraiment les lieux la nuit et se montre très patient avec les gosses le jour. Autre gardien de nuit, gardienne plutôt : Valeria. Elle occupe donc un des 3 locaux alignés dans la cour et y passe toute ses nuits. C'est sa chambre de fonction. Autre atout récemment installé lui : un "serenazgo", un poste de surveillance municipal, avec des voitures bleues, qui est juste voisin du centre.
Outre la "chambre" de Valeria, il existe donc 2 autres pièces. Elles contiennent un matériel scolaire, meubles et jouets, offerts par l' o.n.g. "Plan International" et qui sera reparti entre 23 centres nutritionnels et autres garderies ce 3 septembre, en présence de Diana et de diverses autorités. J' y serai et ce sera mon adieu aux centres.
J'ai marché jusqu'à "Hijos de Luya". 67 enfants ce matin. Etait là le sieur Murrugarra, qui se comportait un peu en contre-maître. Je lui ai peu accordé d'attention et il a disparu. Il serait donc le "coordinateur", veillerait à ce que les responsables des 3 centres arrivent à l'heure le matin et autres choses liées à la discipline.
Un ouvrier a installé autour des 4 éviers dans la cour des ferrures qui vont éviter que ces éviers tombent parce que les enfants s'appuient dessus. Dans l'affaire, on a percé un tuyau et les wc des garçons sont actuellement fermés pour réparations.
Lourdes, Guisepina et Myriam ont réalisé des exercices dans la cour puis sur l'aire de ciment située face au centre. Le soleil luttait pour s'imposer à cette brume pesante.
J'ai marché enfin jusqu'au centre "La Libertad", où il y avait 26 enfants ce matin. Deysi demeure toute seule pour s'occuper des mioches. La salle de l'étage est fermée, comme c'était déjà le cas voici quelques jours, lors de ma dernière visite. Il manque une autre "profesora". Une mère de famille allait de la cuisine à la classe du rez-de-chaussée et appuyait Deysi et la "cocinera" Leucrecia. Comme à l'ordinaire, étaient présentes dans la cuisine 4 ou 5 pré-adolescents, donc les 2 enfants de Deysi. Ils ont déjeuné puis sont partis. Les enfants de Deysi l'aident avec les enfants.
Un problème demeure sans solution : les résidus des wc ne s'écoulent pas convenablement. Faute de pente, faute aussi de pression de l'eau. Tout ça s'accumule à 1 mètre de la cuisine, dans un orifice rectangulaire dont la plaque en ciment, qui est censée le couvrir et isoler de l'extérieur, ferme mal. Ça sent mauvais dans la cuisine. Je vais le signaler à Diana. Il y a quelques jours, j'ai levé la plaque, ce que les filles ne pouvaient faire, et elles ont nettoyé à grands seaux d'eau l'intérieur de l'orifice. Il faudrait recommencer et revoir cette partie de la construction.
La tambouille de Leucrecia a eu du mal à lutter contre cette odeur tenace, je l'avoue.
Un autobus m'a ramené vers Lima, au milieu du trafic fébrile du début de l'après midi. J'ai retrouvé la maison vers 15 heures 45.
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